GREGORY
Passage récurant de l’éponge Gex sur les traces inopinées de l’homme, mais rien à faire, l’empreinte reste.
Ce qui subsiste de nous, une fois englouti dans un cette urbanité boulimique, c’est quoi ? un peu de peinture sur un mur, un gribouillage de nos 5 ans , une musique de Mickael Jackson. Rien de noble ni de pur, rien de sérieux non plus. J’ai cessé de chercher dans la peinture une expression angoissée, tourmentée. Je préfère trouver un peu de légèreté d’humour et d’humanité dans chaque objet perdu.

Je crée ma poésie contemporaine du matériau du quotidien, la ville et les gens, cette urbanité du n’importe quoi si on la regarde un peu n’est pas que triste et condamnée, elle est aussi colorée et rythmée.

Peu à peu c'est la matière qui s’est imposée à moi, me détachant finalement de L'action même de peindre. La texture devenant plus importante que le pictural …Je me considère comme un créateur urbain , je suis plus sensible aux éléments quotidiens qui jonchent les villes, matériaux bruts et abîmés des constructions contemporaines, qu'à la nature. Je viens du monde ouvrier et je reste attaché à cette humanité qui se dégage des usines, des cités ouvrières et des gens qui les habitent.
Ces cités et leurs usines m’ont profondément marqué et je garde inscrite cette filiation qui se retrouve dans mes travaux . Imprégnation des lieux et des matériaux mais aussi des gens.
C’est peu être pour cela que je m’attache à des éléments qu’on laisse à l’écart car on les imagine sans intérêt. Les « no man's land » qui naissent ici et là sont autant d’humanité abandonnée.

Je ne sais pas pourquoi mais ce qui n’est pas « art » m’interpelle, les matériaux que j’utilise sont souvent plus proches des chantiers que des ateliers, pourtant c’est là que je puise mon énergie créative. Cela m’intéresse d’autant plus que j’aime rompre les codes de ce qui détermine une œuvre, et je joue sur l’idée de série , en cela je me rapproche du Pop-Art. Depuis 2007 après presque 10 ans consacrés au bleu je me suis laissé déborder par la matière

Je ne cherche plus à la détourner ni même à la corrompre. Au contraire j’accentue cette prédominance des collages dans mes réalisations; tissu comme arraché des morceaux de vêtements … métal qui représente le monde
industriel …

Les codes barres sont comme des tatouages sur mes tableaux qui nous rappellent que notre monde est marqué, codifié. Les mots ici et là ne sont pas censés parler …, mais il est vrai que grâce à eux, mes œuvres prennent un sens qui ne laisse rien au hasard. Les images et les photos que je découpe ne veulent transmettre aucun message. J’en exploite l’aspect graphique …

J’attache beaucoup d’importance à l’équilibre dans une toile, je laisse les éléments s’imposer à moi ,c’est cette fragilité qui détermine mon travail . Quand on regarde mes tableaux, l’impulsion première est de les toucher. J'aime cette idée de créer une composition tactile.



Gregory